En territoire

La compagnie poursuit son aventure humaine sur le territoire des Combrailles

en oeuvrant parallèlement avec le CRAC (collectif rural des artistes en Combrailles)

Depuis qu’elle a quitté, fin décembre 2021, sa résidence à la Passerelle, la compagnie, désormais nomade et en autofinancement, poursuit ses actions sur le territoire de la communauté de communes Combrailles Sioule et Morge et au-delà, déclinant chantiers de territoire, stages et propositions artistiques au format léger pour salles et espace public.

Les chantiers de l'imaginaire : QUE LA FÊTE COMMENCE !

Une dizaine de personnages échouent dans un espace vide. Quelques chaises les attendent, un costume. Coup de gong, musique : ils s’habillent à la hâte.

Ils se sont fait beaux, belles comme pour une noce, un premier rendez-vous, une réception grand luxe. Ils portent le masque des invités parfaits, serrant dans leur main leur petit carton. Ils espèrent… Ils aimeraient...

 

Ils sont dans cet « espace d’attente » comme dans un bateau. Autour de leurs chaises-bouées : l’eau, les vagues, le mouvement, le tangage, le vertige, la peur du vide, un ailleurs instable, mouvant, un no man’s land ouvert à tous les imaginaires, à toutes les émotions.

 

Seront-t-ils accueillis ? Seront-t-ils les premiers ? Auront-ils une place ? Où ? Comment ?

 

Chapitre 1 : Excitation. Ils sont prêts. Parfaitement masqués.

 

Chapitre 2 : Tension. Attente. Ils se jettent des regards apeurés, jaloux, fascinés, hostiles… Instabilité, divergences. Les corps se crispent, la crampe vient, le mal s’installe…

 

Chapitre 3 : Désespoir. Les masques craquent, les corps se chiffonnent, les cuirasses commencent à craqueler…

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Chapitre 4 : Rébellion. Les invités-cobayes, petits rats disséqués, auscultés, manipulés….

Le groupe se soude contre l’oppresseur invisible, l’hôte absent.

 

Chapitre 5 : Création. Ils grandissent, s’interrogent. Peu à peu, les liens se tissent, se forme un groupe humain…. Ils inventent leur propre célébration, se libèrent,  renaissent.

« J’ai mis ma robe, donc… vieille robe… rien de plus beau, plus joli… rien de plus noble,
de plus… « circonstanciel »… « circonstanciel ? »… oui… Je me suis décidée, donc, c’était trop…

 Je voulais ma part de gâteau… « J’existe. »

Jean-Luc Lagarce

 

Des influences sonores parcourent le spectacle. Parfois, un son emplit l’espace : une alarme, un bruit de pas, un objet brisé… Parfois, une musique de fête s’insinue, lointaine et séduisante. Au fil du spectacle, le son ouvre l’espace du fantastique (cris d’animaux, sonars d’étoiles, craquements, éboulements…) et plonge les personnages dans des états de corps et des sentiments inconnus d’eux-mêmes...

 

Alors, comme sous l’effet d’un sortilège, un rêve s’empare de l’un, de l’une, de tous les invités. Se révèlent leurs désirs, angoisses, songes les plus intimes. Des mots, des chorégraphies, une métamorphose animale, un chant improvisé émergent, rayonnent puis s’évanouissent comme si de rien n’était. Mais quelque chose les a traversés. Ils ne sont plus les mêmes.

« Je danse sur la grande scène en costume de panthère rose, au milieu des autres. Je danse

devant cette grande salle toute noire. J’entends le vide qui respire. Je sens leurs yeux comme

des mouches collées à ma peau, dans mes cheveux. Je les laisse faire. En échange,

elles me soulèvent, légère comme une allumette. Je m’élance dans un bond infini. »

Sophie Lannefranque

Mise en scène :

Une série de tableaux émaillent le spectacle. Le tableau a sa propre temporalité, il étire le temps et nous donne l’espace de contempler l’évolution subtile des personnages. Il donne à chaque séquence dramaturgique une composition, une profondeur de champ. Le spectateur peut le recevoir comme un tout, en explorer les détails, une lecture à plusieurs niveaux, esthétiques comme émotionnels.

 

La dramaturgie ne suit pas un déroulement réaliste, accompagne les changements d’atmosphère, de température, d’état de corps, parfois imperceptibles, contribuant à la transformation des personnages tout au long de leur attente, jusqu’à leur joyeuse émancipation.

Ils ne sont pas nés. C’est peut-être leur vie qui est un naufrage, ils viennent chercher autre chose pour en sortir, se retrouver, la meilleure part d’eux-mêmes, le soi inexploré, inconnu, ils ne savent pas quoi…

 

Un espace sacré. Une dramaturgie de l’attente, de l’entre-deux.

 

Que vont-ils décider ? Quelle fête naîtra de leur emprisonnement ? Quelle fête est cachée au fond d’eux ? Quelle joie veut en sortir ? comment ?

 

Au bout de la quête, sous le masque, il y a l’énergie. Il y a soi, ce qui nous rend vivants.

 

 

DIMANCHE 29 JUIN 2025

20h30

La Passerelle - Pont de Menat

Mise en scène, scénographie : William Barbieri, Sophie Lannefranque

Textes : Sophie Lannefranque, Jean-Luc Lagarce

 

Avec : Jean-Jacques Simonetti, Anne-Charlotte Pasquier, Mathilde Rocher, Gilles Blanchard, Christelle Echalier, Anne-Caroline Roux, Cyril Fournier, Stéphanie Miterand, Laurette Conil.

 

« Et nous nous sommes mis en route… une île entre leur Fête et notre rêve… sur notre radeau, avec nos chaises et nos assiettes, nous partions, nous voguions et nous étions heureux… Et plus une tempête, plus jamais l’ombre d’une tempête ! »

 

Jean-Luc Lagarce

Spectacle suivi d’un bal avec le public.

CORPS EN TOUS SENS

(Déguster, Danser, Dévorer)

Médiation artistique en Ehpad et ateliers de pratique artistique en milieu scolaire

Novembre 2024 - Mai 2025

Avec :

William Barbieri, metteur en scène et comédien

Sophie Lannefranque, comédienne

Marie Chassot, comédienne

Sébastien Guerrier, musicien et interprète.

A partir des thèmes de la nourriture, du goût et, plus largement, du corps, nous partirons à la rencontre de participants de tous âges. Nous récolterons leurs expériences, souvenirs, rêves pour les accompagner dans un parcours créatif, sensible et gustatif avec tous les outils à notre portée. Nous viendrons également proposer, in situ, des temps de performance artistique imaginée à partir de nos récoltes et de nos univers corporels, clownesques, musicaux....

Ecriture, théâtre, danse, musique et vidéo seront distillés par quatre artistes, intervenant successivement et régulièrement dans les lieux partenaires du projet.

En Ehpad

La relation est au centre de notre travail, la développer, créer une réciprocité.

Nous rencontrons l’équipe, prenons nos repères puis proposons des rencontres sur une période de quelques mois, afin d’établir un lien de confiance avec les résident.e.s, de construire des propositions adaptées, en fonction de leur personnalité, de leurs envies, de leurs capacités. Nous

nous permettons aussi de nous laisser happer par des croisements inédits avec les personnes du lieu, selon les demandes, les hasards heureux.

 

Rencontre et récoltes...

Nous avons à coeur de travailler très étroitement avec les soignants et soignantes mais aussi les divers professionnels du lieu, de croiser nos pratiques, d’inclure celles et ceux qui le souhaitent à notre proposition, selon un protocole à définir ensemble.

 

Nous récoltons des récits, des gestes, des mouvements, des regards, des histoires autour de repas ou de dégustations mémorables qu'ils et elles ont vécu. Nous jouons, faisons jouer, aidons à l’expression de la parole ou du geste pour raconter, se dire, se réinventer. Nous puisons dans cette

matière pour créer des personnages et des situations théâtrales. Nous les partageons avec les résident.e.s à la fin de notre immersion lors d'une restitution.

Ça invente, ça exulte...

Cette restitution prend la forme d'un « goût-thé dansant » pour tous les résident.e.s, avec la participation des quatre artistes sous forme d'une

« brigade du régal ». Il s'agit d'un quatuor composé d'un cuisinier-chanteur, d'une serveuse-danseuse, d'un sommelier-poète et d'une commisclownesque. Ils viennent avec leur chariot magique. À partir des commandes des résident.e.s, ils composent une carte extraordinaire, un

« menu des 5 sens » et offrent à tous, dans la salle à manger collective, une dégustation spectaculaire, ludique et poétique inspirée par les échanges créés tout au long du chemin avec les personnes présentes.

 

En lycée

Un projet de recherche et d'expérimentation théâtrale avec une classe d'adolescent.e.s.

Sophie Lannefranque propose, à partir d'un texte de sa création sur les pathologies alimentaires (anorexie, boulimie), un travail de jeu, d'écriture de saynètes théâtrales ou d'un récit/conte choral.

Les textes choisis et/ou écrits par le groupe seront mis en scène par l'intervenante (mise en voix et en espace ou restitution sous forme de petit spectacle).

 

Chaque élève, à partir de sa sensibilité, peut s'inscrire dans un travail plus physique ou d'écriture. Il s'agit de profiter de cette expérience artistique collective pour aborder le rapport personnel de chaque élève avec l'alimentation, la sienne, celle des autres, les règles, envies, appétits, goûts,

difficultés, son rapport à la cuisine, aux repas, de façon créative et ludique. Au travers de personnages et de situations réelles ou fictives, avec humour et imagination, les élèves seront invités à dépasser leurs problématiques et à recréer leurs vies.

 

Une restitution du travail sera proposée aux autres élèves de l'établissement, voire aux familles, et sera suivie d'un échange collectif sur la question de notre rapport à la nourriture.

 

TEMPS FORTS DU PROJET !

- Médiation en Ehpad (janvier à mai 2025)

- Ateliers en milieu scolaire (janvier- mai 2025 )

- Goûts-thé dansants en Ehpad (janvier - mai 2025)

- Restitution commune et rencontre des participants : mai 2025

 

Médiations en territoire

Médiations artistiques